GPS marin Garmin ou traceur Raymarine : bien choisir son électronique de bord

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À chaque salon nautique, c’est la même scène : un plaisancier plante devant un écran Garmin ou Raymarine et me demande « lequel je prends ? ». La question est mal posée, parce que le bon choix dépend moins de la marque que de ce que vous voulez vraiment faire avec l’écran. Voici les questions qu’on me pose le plus souvent, avec des réponses qui n’engagent que du bon sens et quelques années à bricoler des tableaux de bord.

Un traceur de cartes, un GPS, un sondeur : c’est la même chose ?

Non, même si le même écran fait souvent les trois aujourd’hui. Le GPS calcule votre position par triangulation satellite. Le traceur de cartes affiche cette position sur une carte marine numérique, avec le tracé de votre route, les points de repère (waypoints) et les zones dangereuses. Le sondeur, lui, envoie un signal vers le fond et mesure le temps de retour de l’écho pour donner la profondeur et, sur les modèles évolués, une image de ce qui se trouve sous la coque (relief du fond, bancs de poissons). Le principe physique du GPS est détaillé sur Wikipédia pour qui veut creuser la technique. Sur un bateau équipé aujourd’hui, ces trois fonctions cohabitent presque toujours dans un seul boîtier multifonction.

Garmin ou Raymarine : quelle vraie différence ?

Les deux marques équipent l’essentiel des bateaux de plaisance vendus en France, et les deux gammes se recoupent largement en performance pure. Garmin vient à l’origine du monde de la navigation grand public (route, rando, vélo) et a construit sa réputation sur une interface pensée pour être prise en main vite, avec un écosystème d’applications compagnon assez complet. Raymarine, historiquement plus orienté plaisance et pêche professionnelle, met l’accent sur l’intégration avec le radar, le pilote automatique et les instruments de navigation classiques (loch, sondeur, girouette-anémomètre) dans un réseau homogène. Sur un bateau déjà équipé d’instruments d’une marque, rester dans la même gamme simplifie souvent l’installation et le câblage, plus que la marque elle-même ne fait la différence en usage quotidien.

Qu’est-ce que le NMEA 2000, et pourquoi ça compte ?

C’est le protocole de communication standard qui permet à tous les appareils du bord — traceur, sondeur, pilote automatique, instruments de vent et de vitesse — de se parler sur un même réseau, quelle que soit la marque de chaque boîtier. Un bateau câblé en NMEA 2000 dès le départ facilite énormément l’ajout ou le remplacement d’un appareil plus tard, sans tout recâbler. C’est un critère à vérifier avant d’acheter, surtout sur un bateau d’occasion : un réseau NMEA 2000 déjà en place vaut largement plus qu’un écran neuf isolé.

Faut-il un sondeur classique ou un sondeur à imagerie ?

Un sondeur classique (souvent en technologie CHIRP) donne une lecture fiable de la profondeur et détecte la présence de poissons sous forme d’échos. Un sondeur à imagerie latérale ou structurale va plus loin en dessinant littéralement le relief du fond et les objets immergés, épave comprise. Pour la navigation côtière classique et la sécurité, un sondeur CHIRP standard suffit très largement. L’imagerie devient intéressante pour la pêche sportive ou l’exploration de zones peu cartographiées, mais elle a un coût et une courbe d’apprentissage réels : ce n’est pas un investissement à faire par réflexe.

Un traceur remplace-t-il vraiment les cartes papier ?

En pratique, oui, pour l’immense majorité des sorties. Mais je garde toujours une carte papier à jour et une boussole à bord, sans exception, et ce n’est pas de la nostalgie de vieux marin. Un traceur peut tomber en panne, perdre l’alimentation électrique du bord ou simplement geler sur un bug logiciel au pire moment. La carte papier ne tombe jamais en panne. Les deux se complètent, ils ne se remplacent pas.

Quel budget prévoir pour équiper un bateau ?

Je n’avancerai pas de chiffre ici, parce que l’écart est énorme entre un petit traceur d’entrée de gamme sur un semi-rigide et une suite complète radar-pilote-sondeur imagerie sur une unité de croisière. La bonne méthode consiste à lister précisément vos besoins réels (navigation côtière simple, pêche, croisière longue distance) avant de comparer des devis chez un installateur ou un revendeur agréé Garmin ou Raymarine, qui pourra chiffrer une configuration adaptée à votre bateau et votre budget, plutôt que de partir sur un modèle haut de gamme par réflexe.

Faut-il installer soi-même ou passer par un professionnel ?

Changer un traceur seul, sur un support déjà existant et avec le câblage NMEA 2000 déjà en place, reste accessible à un plaisancier bricoleur. En revanche, l’installation d’un passe-coque pour un sondeur, le câblage électrique complet ou l’intégration d’un pilote automatique touchent à l’étanchéité de la coque et à la sécurité du bateau : c’est le genre de travail où l’économie réalisée en le faisant soi-même peut coûter beaucoup plus cher si c’est mal fait. Un professionnel agréé engage sa responsabilité sur l’installation, ce qui n’est pas rien le jour d’un sinistre.

Toute cette électronique consomme-t-elle beaucoup de batterie ?

Un écran multifonction seul reste raisonnable en consommation, mais l’addition compte : traceur allumé en continu, sondeur, pilote automatique qui sollicite la barre en permanence, feux de navigation de nuit, tout ça tire sur la même batterie de servitude. Sur une sortie longue ou une navigation de nuit, vérifiez que votre parc de batteries est dimensionné pour l’ensemble de l’électronique installée, pas seulement pour le moteur. C’est un point que les installateurs sérieux calculent systématiquement avant de poser un nouvel écran, et qu’un plaisancier qui ajoute du matériel au fil des années a tendance à oublier de revérifier.

Un écran tactile ou à boutons, pour quel usage ?

Le tactile est agréable au ponton, par temps calme, avec les mains sèches. En mer formée, mouillé, avec des gants, un écran à boutons physiques (ou hybride tactile plus boutons) reste nettement plus fiable à manipuler sans erreur de manipulation. Les deux marques proposent aujourd’hui des modèles hybrides qui combinent les deux, et c’est souvent le choix le plus sûr pour un usage toutes conditions plutôt qu’un tout-tactile pensé pour un usage confortable au mouillage.

Le conseil de Marc

Avant de comparer des références Garmin ou Raymarine dans un magasin, listez sur une feuille ce que vous faites vraiment en mer : navigation côtière, pêche, croisière, sorties de nuit. L’écran le plus impressionnant sur un stand de salon nautique n’est pas forcément celui qui vous servira le plus souvent une fois à bord. Pour comparer plus largement notre matériel testé, notre rubrique nautisme rassemble nos essais bateaux et accessoires.


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